A fin 2008, la dette publique était de 1327 milliards d'euros,
elle est aujourd'hui de plus de 1400 milliards d'euros!
 


Entre 1973 et 2008,   au titre des seuls intérêts sur la dette publique, c'est 1320 milliards d'euros que nous avons payé !
Cela revient à  dire que si nous n'avions pas dû payer ces intérêts  
notre pays n'aurait quasiment pas de dette aujourd'hui!

En ce moment, c'est 1 milliard d'euros par semaine que nous payons au titre de "la charge de la dette"

En effet, depuis 1973, l'Etat s'est volontairement dépossédé de son devoir fondamental d'émettre la monnaie utile aux citoyens, argent dont notre économie a besoin, et l'Etat emprunte aux banques privées, auxquelles il verse ensuite d'énormes intérêts. A l'heure du " pouvoir d'achat chancelant " et des " caisses vides ", il n'est plus acceptable que notre argent, issu de notre travail, ne nous appartienne pas. Nous subissons chaque jour les conséquences de cette trahison : dégradation de l'emploi et des services publics, course sans fin à  la croissance, destruction de l'environnement, etc..

Nous vous proposons donc d'agir par une
mobilisation citoyenne, par voie postale et pétition électronique,
pour restaurer le droit légitime des Nations
à  émettre leur propre monnaie.

Nous le savons par expérience : isolée, cette action restera ignorée ou évacuée poliment. Il est essentiel qu'une lettre arrive en nombre, régulièrement et de toute part sur le bureau des élus et personnalités - notamment de la presse - pour qu'elle ne soit pas traitée à  la légère. Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux, d'individus, d'associations, de groupes ou d'organismes citoyens. C'est le seul moyen pour que cette question, si importante pour l'avenir des Peuples, soit enfin connue d'eux et qu'ils puissent la traiter.



Nous avons conscience que l'expression « création monétaire » ne signifie rien à la plupart d'entre nous, car notre mental est habitué à considérer l'argent comme une richesse matérielle existante à se répartir. Comme le but de ce site n'est pas d'informer sur la création monétaire (nous vous suggèrons, si le sujet vous intéresse, le site http://monnaie.wikispaces.com) mais d'interpeller sur l'importance à restaurer les Nations dans leur droit régalien à émettre la monnaie dont elles ont besoin pour leur développement, nous nous limiterons à quelques lignes d'explications pour que vous appréciiez bien l'enjeu:

Valeur réelle - Valeur Symbolique

Pour faciliter les échanges et sortir des contraintes du troc les êtres humains ont inventé la monnaie qui est une représentation SYMBOLIQUE de la valeur RÉELLE et dont l'une des fonctions est d'être une échelle de valeur.

Il y a donc d'une part la chose (la valeur réelle et c'est la seule qui compte vraiment car c'est elle qui permet de vivre) et d' autre part le prix de la chose (la valeur symbolique qui n'a d'intérêt que lorsque l'on veut échanger les choses). La monnaie permet de fixer sur une échelle le niveau où l'échange va pouvoir se faire.

Mais vous le savez, ce n'est pas parce que l'on est d'accord sur le prix que cela met pour autant la somme correspondante dans notre poche ou sur notre compte. Pour concrétiser l'échange il faut la quantité de monnaie qui en constituera la preuve, la marque, l'authentification ; c'est là une autre fonction essentielle de la monnaie.

Comment est créée la monnaie:

Depuis 1971 l'argent moderne est totalement dématérialisé, de sorte qu'il n'existe plus à moins de le « créer ». Mais à part la monnaie fiduciaire (pièces et billets) qui ne représente qu'une petite partie de la masse monétaire, 90% de cette masse n'existe que sous forme « d'écritures comptables », la monnaie scripturale.

D'où vient cette monnaie scripturale ?

Il faut au départ une demande : des personnes individuelles et des entreprises, et parfois même des structures spéculatives.

Il faut ensuite une offre pour répondre à cette demande : aujourd'hui, c'est le système bancaire privé qui reçoit les demandes et la monnaie est créée par le banquier lorsqu’il accepte le crédit et qu'il inscrit sur le compte du demandeur la somme correspondante.

Que devient cet argent ? Il circule dans la société au gré des échanges économiques, ou bien il est épargné par certains, en partie, pendant un certain temps. Mais il finit toujours par disparaître, au fur et à mesure des remboursements des prêts.

Pour visualiser cela, imaginez un bassin dont le niveau de l'eau contenue (la masse monétaire circulant dans la société) dépend du rapport entre le débit de l'alimentation coulant par le robinet (l'ensemble des crédits consentis) et celui s'écoulant par la bonde (l'ensemble des crédits remboursés).

Le privilège de la création monétaire : une question fondamentale de légitimité

Ainsi donc ce sont les gens qui créent la valeur réelle par leur activité, et ce sont les banques qui créent la valeur symbolique par production de signes, avec la particularité que sans ces signes - sans la monnaie - on ne peut pas avoir accès à la richesse réelle, même si elle existe: un milliard de personnes meurent de faim, non par manque de nourriture, d'autres meurent de maladie non par manque de médicaments, etc... mais par manque de l'argent qui y donnerait accès.

L'humanité est réduite à demander l'autorisation de produire et consommer, comme un enfant demande à ses parents l'autorisation de sortir, car c'est la banque qui, selon qu'elle accorde le crédit ou pas, décide en fin de compte de ce qui a le droit de se faire ou non dans le monde.

Alors selon vous, puisque le peuple est créateur de la vraie valeur, n'est-il pas légitimement en droit de gouverner les signes qui la représentent ? N'est-ce donc pas à un organisme public, représentant les intérêts de la communauté entière, de détenir ce privilège ?

Voyez bien la différence :


 Si c'est le secteur privé qui crée la monnaie
: elle est créée de manière sélective, sur des critères de rentabilité et de solvabilité au service prioritaire des actionnaires du système, sans se soucier du bien commun. Dans ce système, on ne prête qu’aux riches et la population manque de signes monétaires comme un organisme manque de sang.

Mais surtout, l'intérêt bancaire perçu au prétexte de la création monétaire (rémunération principale de l'émetteur, aussi appelée seigneuriage), est, ne l'oublions pas :

- Cause première de l'inflation, par ailleurs dénoncée comme fléau n°1

- Cause première de la course à la croissance si dommageable à l'environnement

- Cause première de l'appauvrissement des nations par la dette publique

- Cause première du transfert permanent de la monnaie des plus pauvres vers les plus riches
 
 Si c'est le secteur public qui crée la monnaie
: elle peut être émise sur des critères d'intérêt collectif, sans nécessité absolue d'être assorti ni d'une échéance, ni d'un intérêt, mais même dans ce cas, cet intérêt reviendrait à la collectivité et participerait au bien commun.

La plus grande privatisation jamais opérée : Le privilège de création monétaire

Eh bien le croirez-vous, l'article 104 du Traité de Maastricht, transposé en France dans la loi du 4 août 1993, interdit aux Banques centrales (la Banque de France, institution dont le capital appartient à l'Etat, en ce qui nous concerne) d'autoriser des découverts, d'accorder tout type de crédit au Trésor public et à tout autre organisme ou entreprise publique. Les Européens ont abandonné le droit "régalien" de création monétaire, au profit des seules banques commerciales.

Mais déjà, depuis la réforme des statuts de la Banque de France ayant fait l'objet de la loi du 3 janvier 1973, les avances au Trésor avaient été supprimées. Et tout cela sans débat public au point que la plupart d'entre nous croient encore que l'argent est gagé sur l'or et émis par l'Etat ! C'est dire comme le citoyen est informé...

Comme le rappelle Maurice Allais - Prix Nobel d'économie - « pendant des siècles, l'Ancien Régime avait préservé jalousement le droit de l'Etat de battre monnaie et le privilège exclusif d'en garder le bénéfice; la république démocratique a abandonné pour une grande part ce droit et ce privilège à des intérêts privés. Ce n'est pas le moindre paradoxe de notre époque ».

Comprenons-nous bien. Nous ne sommes pas en train de lutter contre les banques, qui ont tout à fait leur place et leur utilité dans la société, nous interpellons l'opinion sur un pouvoir exclusif qui leur est confié et qui, pour être légal, n'en est pas moins, à nos yeux, illégitime par essence et cause des principaux maux dont souffre l'humanité.

Le retour à la planche à billet ?

Dès qu'est émise l'idée de confier à un organisme public le privilège de la création monétaire, les bras se lèvent et l'on ne manque pas d'agiter l'épouvantail de l'hyper inflation et des crises liées à l'usage excessif que les gouvernements ne manquent pas de faire dès qu'ils ont les coudées franches. L'histoire est là pour en témoigner. Il n'est pas niable que dans le passé des abus aux conséquences douloureuses ont été commis; mais:

- Le fait que, par le passé, certains responsables politiques aient abusé du pouvoir de création monétaire ne justifie évidemment pas que l’on prive la collectivité de ce pouvoir vital pour nous tous. La seule question importante (que les responsable refusent curieusement de porter au débat public) est : Qui a la légitimité pour créer la monnaie : les acteurs privés ou les acteurs publics ? La question suivante (mais secondaire) est : Comment interdire les abus aux différents acteurs ?

- Il n'est pas question de « revenir à la planche à billets »: il est question de reprendre tout ou partie de cette « planche » au système bancaire privé pour pouvoir l'utiliser de la même façon, sans créer davantage de monnaie, mais cette fois dans l'intérêt général plutôt que pour des intérêts particuliers. Peut-on globalement se féliciter du monde que l'usage de l'émission monétaire par le privé a permis de construire ? Êtes-vous prêt(e) à miser l'avenir dessus ?

- Il n'y a risque d'inflation que lorsque l'on émet trop de monnaie à production égale. Tel ne serait pas le cas puisque chaque injection correspondrait à une création de richesse réelle, à usage collecti

- Pour éviter tout risque de dérapage, nous proposons qu'au moins la monnaie à usage de la création de richesse collective et d'amélioraton du bien commun (équipements de la Nation et réponses aux défits écologiques) soit émise par un organisme public, mais indépendant des gouvernements en place, missionné et devant rendre des comptes aux Peuples au travers des parlements nationaux et du parlement européen

Imaginez ce qui deviendrait possible si le pouvoir de création monétaire était restitué au public

Nous pourrions financer, sans augmenter la fiscalité, et sans emprunter, tout ce qui serait possible de réaliser pour répondre aux urgences écologiques et humanitaires de notre temps

Car si une collectivité a : 1) un besoin, 2) la volonté de le satisfaire, 3) les moyens techniques et énergétiques, 4) une main d’œuvre disponible, 5) le savoir-faire, … pourquoi ne peut-elle réaliser ce besoin par faute de financement ? Parce que la monnaie reste conçue comme une réalité matérielle et précieuse, de quantité finie donc rare et épuisable, alors qu’elle ne l’est plus puisqu’elle est dématérialisée

Au lieu de penser le monde au travers des moyens financiers que l'on estime possible de mobiliser, on pourrait enfin le penser en fonction des seules vraies questions qui se posent à nous aujourd'hui et nous focaliser sur les solutions dont les limites seraient uniquement fixées par:

- Les ressources humaines d'une part

- en qualité: par manque de formation, mais cette adaptation là pourrait n'être qu'une affaire de quelques années dès lors que l'on sait ce que l'on veut et que les candidats savent que cela va déboucher

- en quantité surtout: car on peut imaginer qu'alors le plein emploi serait vite retrouvé

- Les ressources naturelles d'autre part, car dans ce grand chantier d'adaptation et de mutation, il faudrait, bien sûr, veiller à ce que ce qui est entrepris par les uns et les autres, soit compatible avec les équilibres écologiques, sinon, tout cela n'aurait aucun sens. Alors...

Voulez-vous nous soutenir dans la demande collective suivante ?

Nous demandons instamment aux pouvoirs politiques d'accéder aux demandes suivantes.

Au niveau de la zone euro:

1 - Pour tout ce qui concerne le financement des projets collectifs de l'eurozone - et en particulier pour financer la mutation qu'exige le défi écologique ainsi que le virage technologique pour pallier à l'épuisement de certaines ressources naturelles; pour financer la recherche, un enseignement ainsi qu'un système de santé de qualité gratuits et, en général, pour tout ce qui sera considéré démocratiquement comme nécessaire pour l'amélioration collective de la qualité de la vie de façon durable - la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contrainte à une émission monétaire centrale, éventuellement sans échéance et sans intérêt, par décision des députés des pays de la zone euro du parlement européen sur demande soit de la commission, soit du conseil européen (c'est-à-dire les chefs d'Etat), soit des députés européens des pays de la zone euro.

2 - Les critères de Maastricht doivent être revus et permettre de soumettre au débat démocratique par exemple les propositions:

a) les budgets des États doivent être équilibrés en "fonctionnement" + "amortissements" par la fiscalité. Nul État de la zone euro ne dvrait déroger à cette règle.

b) les États peuvent faire financer leurs équipements (budget d'investissements) par un appel à création monétaire sans intérêt de la BCE. Néanmoins, les députés de la zone euro du Parlement Européen devraient disposer, à la majorité simple, d'un droit de veto concernant une demande d'un État s'ils estiment que le projet n'est pas fondé ou qu'il contredit les orientations générales de la politique européenne.

c) les besoins d'investissements collectifs de l'eurozone doivent également pouvoir être financés par création monétaire sans intérêt de la BCE

Les statuts et la mission de la Banque Centrale Européenne doivent être revus en conséquence

Au niveau national :

A défaut de faire aboutir ce projet au niveau européen, d'opérer une reprise du droit collectif (national) d'émettre la monnaie, éventuellement par émission d'une monnaie complémentaire à l'euro , quitte à risquer une sortie de l'UE, non par anti européanisme mais pour se donner la possibilité de devenir le modèle qu'inspirera les autres Nations.

Pour soutenir cette proposition, nous vous proposons deux actions complémentaires:

1 - Votre soutien électronique sur le site "public-debt.org " à la demande collective précédente. Lorsque la liste sera suffisante, nous ferons parvenir celle ci à qui de droit, sous forme de pétition.

2 - L'envoi d'une lettre personnelle à votre député, sénateur, président du conseil général et régional, ou à ceux que vous connaissez, ainsi qu'aux grands partis et à la presse (téléchargement du modèle de lettre qu'il vous suffira de personnaliser, et nom et adresse de votre député et sénateur )

Nous le savons par expérience : isolée, cette lettre restera ignorée ou évacuée poliment. Il est essentiel qu'elle arrive en nombre, régulièrement et de toute part sur le bureau des élus et personnalités - notamment de la presse - pour qu'elle ne soit pas traitée à la légère. Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux, d'individus, d'associations, de groupes ou d'organismes citoyens. C'est le seul moyen pour que cette question, si importante pour l'avenir des Peuples, soit enfin connue d'eux et et qu'ils puissent la traiter.




Que serait la dette publique devenue si nous n'avions pas abandonné notre droit de seigneuriage, le droit de création monétaire, au profit des banques?



Mais, bon sang, est-il "normal" que nos dirigeants aient bradé le droit régalien de création monétaire de notre Peuple, pour transférer celui-ci à des banques privées et devoir ainsi emprunter la monnaie dont nous avons besoin pour assurer notre développement ?
Il y a 50 millions d’adultes en France
Chaque adulte paye en moyenne 900 euros par an d’intérêts de la dette publique
Et vous, combien touchez-vous de vos obligations d’État ?

Autoriser la Banque de France ou la Banque Centrale Européenne à financer nos besoins d’investissement
équivaut à économiser 120 millions d’euros par jour d’intérêts, 1 milliard par semaine!!.

Rendez-vous sur les pages "L'arnaque de la dette publique...", "La dette publique", "La vérité sur la dette", La dette publique, "Non Monsieur Fillon

Nous ne sommes pas en faillite... voici le solde NET du patrimoine des administrations publiques

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Néanmoins, voici ce que furent et ce qu'auraient été chaque année les soldes des budgets si nous n'avions pas eu d'intérêts à payer

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... et l'évolution de la dette, avec et sans intérêts!

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Les dépenses de fonctionnement de l'État incluent principalement les charges salariales et l'achat de biens et services pour la consommation intermédiaire.
Les dépenses d'investissement comprennent la Formation brute de capital fixe (Écoles, hôpitaux, infrastructures de transport et de communication, l'acquisition de terrains, etc.) et représentent 3,3% du PIB en 2005 soit 56 G€ (milliards d'euros) et 60,1 en 2006 http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=162

Comme le budget de l'État est de # 330 G€, le taux de FBCF est de 17% du budget, et incidemment plus que le "déficit" qui est en 2005 de 46,9 G€.
Si l'État tenait une comptabilité d'entreprise, en face de ce "déficit d'exploitation" de 46,9 G€ il y aurait bien une création de capital (de valeur) de 56 G€, et cette "entreprise" (l'État) paraitrait tout à fait saine, étant capable d'investir 17% de son budget pour développer son attractivité.
On peut souligner que ces équipements vont servir aux générations futures et il n'est donc pas anormal qu'elles participent également au remboursement de cette dette ( modulo le payement de l'intérêt que nous considérons comme inique).

Lettre ouverte


Aux membres de notre gouvernement
à nos élus et à toutes celles et ceux qui font de la réduction de la dette publique une priorité

La dette en France, représente à ce jour, environ 1400 milliards d’euros et la charge annuelle du seul paiement des intérêts représente presque le produit de l’impôt sur le revenu. Ces chiffres, à première vue, ont de quoi inquiéter le citoyen qui, naturellement, considère la situation de la Nation comme s'il s'agissait de la sienne. Il se dit à juste titre que ce n’est plus supportable et que les membres du gouvernement, soutenus par une majorité d’élus, on bien raison de faire une priorité nationale de la maîtrise des dépenses de l’Etat et de la réduction du déficit public. Cette volonté s’est traduite, par exemple, par l’affectation intégrale au désendettement des 10 milliards de plus-values de recettes de 2004, et des 10 milliards provenant de la cession des sociétés d’autoroutes.

Cela semble plein de bon sens ; pourtant la question juste et prioritaire ne devrait-elle pas être celle de se demander comment sortir de cette situation inique, absurde, pour ne pas dire scandaleuse, qui fait que l’Etat doive s’endetter auprès des banques et payer un intérêt pour avoir accès à son propre argent?

Quel que soit le gouvernement en place, il semble qu’il n'ait à sa disposition que deux leviers de commande: maîtriser les dépenses d’un côté, soutenir la croissance de l’autre. Et tout le monde, majorité et opposition, de s'accorder comme un seul homme sur cette «évidence»! Les divergences napparaîssent que dans l’application selon les sensibilités en place. Seulement voilà, ça ne marche pas, car il est une autre évidence qui, celle là, semble échapper à la plupart : REDUIRE LES DEPENSES DE L’ETAT APPAUVRIT LA NATION, car ses dépenses se traduisent par du travail qui enrichit la nation, QUANT A LA CROISSANCE, SI ELLE EST UNE SOLUTION ECONOMIQUE, ELLE EST UNE ABERRATION ECOLOGIQUE. Il serait donc temps de cesser de jouer à l'autruche si nous voulons éviter la catastrophe économique ou la catastrophe écologique, que le recul que nous avons maintenant et les indicateurs nous annoncent de plus en plus précisément, sans avoir besoin d'être grands devins.

Je ne m’étendrai pas plus sur les effets pervers de la croissance qui commencent à être largement perçus, quoique trop souvent ignorés, mais sur la question de la dette publique qui, elle, est beaucoup plus confuse dans les esprits.

Le point essentiel sur lequel je voudrais insister, repose sur le fait qu’en économie il n’est fait aucune distinction entre intérêt particulier et intérêt collectif. C’est ce qui conduit la quasi globalité de la classe politique, toutes tendances confondues, à croire que c’est faire preuve de civisme et de responsabilité que de chercher à gérer le pays «en bon père de famille».

Chaque fois qu’un homme politique explique à la Nation qu’un Etat n’a pas le droit de vivre au dessus de ses moyens, qu'il doit se gérer comme le budget familial, j'ai des frissons d'indigantion et je frémis de voir combien le dogme économique peut être puissant au point d'engluer les esprits les plus brillants.
Pour comprendre les choses il convient de préciser quelques points qui échappent à la plupart :

Si j'emprunte 1000 euros à mon voisin, j'ai une dette envers lui, car il m'a cédé pour un temps une partie de sa richessse. Il est normal aussi que je lui verse un intérêt pour compenser la recette potentielle dont il s'est privé en amputant ses ressources.

Il fut un temps où l'argent existait sous forme de pièces en métaux précieux. C'est ce que l'on appelle l'argent «permanent». Il arrivait que les princes et les rois, aient recours à l'emprunt auprès de personnes privées fortunées pour financer leurs ambitions. Si l'Etat emprunte à des particuliers une part de leur richesse existante, il est en dette pour la même raison et doit répondre aux mêmes obligations.

Mais au fil de l'histoire, l'argent s'est dématérialisé, au point qu'aujourd'hui il « n'existe plus ». Depuis 1971, il n’est plus relié à aucune matière précieuse. Ainsi sommes-nous passés d’une « monnaie permanente » représentée autrefois par les pièces d’or et d’argent, plus récemment par des billets garantis par de l’or, à une « monnaie de banque », dématérialisée et temporaire. Pourquoi temporaire ? Parce qu'elle n'existe qu'entre le moment où elle est prêtée et le moment où elle est remboursée.

Mais il est une autre particularité de l'argent moderne: l'argent prêté par les banques n'est pas celui que d'autres personnes ont en trop et laissent en dépôt, mais de l'argent qui « n'existe pas » et que la banque « crée » sur la seule confiance qu'elle accorde à l'emprunteur quant à sa capacité à la rembourser. C'est ce que l'on appelle « la création monétaire « ex nihilo » (création à partir de rien). C'est la seule évolution des pratiques bancaires, sous la pression des évènements de l'hitoire, qui a conduit à cette situation pour le moins choquante, que les banques ont accaparé, d'une part, un privilège d'État, et d'autres part, se sont rendues propriétaires d'un argent qui n'existe pas, et qu'elles n'hésitent pas à prêter avec intérêt !

Je ne m'insurge pas contre le principe de la création monétaire, car elle représente un mécanisme qui garantit potentiellement que l'argent ne puisse pas manquer, ce qui est une bonne nouvelle; je m'insurge contre le fait que ce privilège soit abandonné à des intérêts privés ! Qu'un Etat soit en dette à l'égard d'une personne privée quand celle-ci prête une partie de sa richesse existante, soit, mais qu'il soit en dette à l'égard de cette même personne pour une richesse qu'elle sort de son chapeau, non! Voilà ce qui est insupportable: accepter sans rien dire qu'une Nation soit obligée de payer une entreprise privée pour avoir accès à son propre argent! Trouveriez vous normal que l'on vous fasse payer les légumes que vous faites pousser dans votre potager ? Et bien c'est cela la dette de l'Etat.

Tous les jours aux nouvelles, et à chaque échéance électorale, les mêmes problèmes … L’emploi, la sécurité sociale, les retraites, l’environnement etc… Ces problèmes occupent à temps plein la classe politique, les pouvoirs publics et pas mal d’associations. Pourtant ce sont de FAUX PROBLÈMES : entendons-nous, ils sont bien réels dans la mesure où ils sont sources de souffrances pour bien des gens, mais FAUX en ce sens qu’ils ne sont que les SYMPTÔMES d’un problème plus profond :

A l'heure où l’Europe se construit, n'est-il pas essentiel qu’elle trouve une voie nouvelle? N'est-il pas essentiel qu’elle refuse de s’enfermer dans l’impasse où conduit le modèle du libéralisme américain? N'est-il pas essentiel que les hommes au pouvoir fassent preuve d’imagination en trouvant autre chose que la potion, qui n’est plus magique du tout, des « deux leviers »? N'est-il pas essentiel que la Vie et le bien être de tous les peuples l’emportent sur l’orthodoxie d’un système qui, pour être dominant, démontre chaque jour un peu plus son inadéquation à répondre aux défis humains et écologiques? La chose n'est pourtant pas si difficile à comprendre! TANT QUE LA CRÉATION MONÉTAIRE SERA ABANDONNÉE AUX BANQUES COMMERCIALES PAR LE BIAIS DE L’EMPRUNT A INTÉRÊT, IL N’Y AURA JAMAIS ASSEZ D’ARGENT POUR FINANCER LES SOLUTIONS AUX PROBLÈMES DE NOTRE TEMPS.

Car si l'on veut vraiment s'y atteler, les sommes en jeu sont CONSIDÉRABLES! Or on le sait, le poids de « la dette » est tel, qu'il interdit tout nouvel emprunt! Sauf si... les règles du jeu étaient définies par les peuples eux-mêmes, par le moyen du jeu démocratique, pour servir l’intérêt commun; sauf si...les Etats étaient restaurés dans leur pouvoir régalien d’émettre la monnaie! Alors il n'y aurait plus de dette, ou si dette il y avait, elle ne serait qu'envers eux-mêmes; l'intérêt ne se justifierait plus, ni la nécessité de rembourser la dette.

Seulement voilà! Pour le moment, l'élite dirigeante mondiale considère comme normal que les citoyens d’un pays paient par leurs impôts (donc prélèvent sur leur richesse) les intérêts demandés par les banques privées, pour permettre à l’État d’avoir accès à son propre argent. Ce qui me sidère, c’est que nos élus, théoriquement en charge du respect de l’intérêt commun, ne bronchent pas, et ne cherchent aucunement à y porter remède. Bien au contraire, les voilà qui se félicitent, en bons élèves du système, d'avoir réduit la dette de 20 milliards... 20 milliards qui retournent à néant. Quelle belle victoire! Plus que 1380 milliards à trouver (20000 euros par français) et on sort du tunnel! Quel acte politique de grande envergure, autrement plus glorieux que de mieux rémunérer les infirmières par exemples, ou de créer des emplois d'intérêt collectifs où de nombreuses personnes, aujourd'hui privée d'emploi... mais surtout de dignité, de sens d'utilité, retrouveraient une place dans la société et dans leur vie...

Mais que voulez-vous qu'ils fassent me direz vous ? Cette question ne nous appartient plus, car nous sommes passés à l’Euro.

La belle affaire! N'est-ce pas justement une fabuleuse opportunité à saisir pour l'Europe ? N'est-ce pas un sujet mobilisateur et inspirant pour les peuples qui la composent et un réel espoir pour le monde entier ? Alors oui, que cette question soit au cœur des débats ! Car ce que nous vivons pour le moment est une mascarade qui laisse supposer aux peuples qu’ils sont maîtres de leur destin par le jeu démocratique, alors que les politiques qu'ils élisent et qui les représentent n’ont aucun pouvoir. Pourquoi? Parce que la pensée politique est complètement encadrée, enfermée dans la logique bancaire qui tient les cordons de la bourse. Nos dirigeants politiques sont tenus en laisse! Sans doute trouvent-ils plus d'intérêt à être le chien plutôt que le loup de la fable...

Mais en attendant, cela restreint considérablement leurs possibilités et les condamne à ne prendre que des mesurettes dont le seul effet est de déplacer les problèmes, pour ne pas nuire aux intérêts particuliers immédiats. Demandez-vous après cela d’où vient la désaffection des citoyens à l’égard de leurs élus ? Demandez-vous pourquoi la France, entre autre, a refusé la Constitution d'une Europe qui n'aurait aucun pouvoir sur sa Banque Centrale?

Quelle que soit l'ampleur du sujet, le bon sens devrait conduire à remettre en question tout système, tout principe, dès lors que ses conséquences sont nuisibles, suicidaires, parfois criminelles. Au lieu de cela, nos présidents jouent les commis voyageurs quand ils se déplacent à l’étranger dans l'espoir de vendre quelques avions ou quelques trains; au lieu de cela, nos élus se bornent à n’être que de «bons comptables»! Je ne doute pas de leur bonne foi et de leur dévouement; je ne doute pas non plus qu'ils aient une vision plus élevée de leur mission, mais voilà à quoi ils réduisent eux-mêmes leur fonction en acceptant que l'économique et le financier dirigent le politique, en refusant de restaurer la Nation dans ce qui lui revient de droit.

Et ne croyez pas que cette proposition de ré appropriation du pouvoir de la création monétaire par l’État soit une lubie personnelle. Ce débat existe depuis longtemps, de façon trop souterraine certes, mais de façon affirmée toutefois, ne serait-ce que par des gens comme Maurice Allais ou Irwin Fisher, tous deux prix Nobel d’économie. Alors vous qui vous inquiétiez de la dette, je vous en prie, ne vous demandez plus comment rembourser les intérêts injustes d’une dette irremboursable à moins de mettre le pays à genoux, et devenez le porte parole de cette idée de la ré appropriation du pouvoir de création monétaire par les Nations. En oeuvrant ainsi, vous contribuerez à redonner aux peuples le pouvoir sur leur destin, vous deviendrez un citoyen du monde porteur de tous les espoirs pour une amélioration générale de la qualité de la Vie, vous nourrirez la conscience collective qui très prochainement, je l'espère, fera germer une classe politique plus réaliste et consciente des vrais défis.

Philippe Derudder Animateur de l'association AISES (Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales) phd à aises-fr.org

Auteur de : « La renaissance du plein emploi ou la forêt derrière l'arbre » - Ed. Guy Trédaniel « Les aventuriers de l'Abondance » - Prix spécial Ch. Vidal 2000 pour une alternative de vie, aux éd. Yves Michel « Rendre la création monétaire à la société civile » - aux éd. Yves Michel


La dette publique enfle d'1 milliard d'euros par jour

. Selon les statistiques de l'Insee, publiées mardi, la dette publique a explosé au premier trimestre. Chaque jour, la dette a augmenté de près d'un milliard.. Une augmentation qui s'explique en partie par le plan de financement des banques.
Alors que le débat sur l'emprunt d'Etat se poursuit à l'Elysée avec les partenaires sociaux, les statistiques de l'Insee publiées mardi montrent une explosion de l'endettement des administrations au premier trimestre. Une dette qui a augmenté de 86,5 milliards d'euros pour les trois premier mois de l'année, soit près d'un milliard d'euros par jour.

Au sens de Maastricht, c'est-à-dire en prenant en compte la dette des administrations de sécurité sociale, des administrations publiques locales et des organismes divers d'administrations centrales, la dette publique de la France a atteint 1.413,6 milliards d'euros à la fin mars. La dette publique brute de la France représente ainsi 72,9% du PIB, selon des données publiées par l'Insee. Ce pourcentage représente une hausse de 4,8 points par rapport à la fin 2008 quand la dette s'élevait à 1.327,1 milliards.

"L'augmentation de la dette publique au premier trimestre reflète principalement l'effet de la relance budgétaire et la faiblesse des recettes fiscales et sociales due à la crise", ont déclaré la ministre de l'Economie Christine Lagarde et le ministre du Budget Eric Woerth dans un communiqué commun. "La hausse de l'endettement au premier trimestre reflète l'octroi de prêts par la Société de financement de l'économie française (SFEF) aux banques afin d'assurer le bon fonctionnement de l'économie", poursuit le communiqué.

Le financement des banques

L'endettement de la Sfef a augmenté de 33,7 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, selon les données de l'Insee. "L'augmentation de la dette nette (de la trésorerie, des crédits et titres de créances détenus par les administrations publiques) est beaucoup plus contenue au premier trimestre (+32,7 milliards d'euros) que la hausse de la dette brute", soulignent les ministres dans leur communiqué. Une moindre hausse qui s'explique par la progression de 20,1 milliards des trésoreries des administrations publiques sur la période et par les prêts supplémentaires de 33,7 milliards d'euros consentis par la Sfef au secteur financier, soit un montant qui compense l'augmentation de son endettement.

La dette brute de l'Etat a augmenté de 44,5 milliards d'euros au premier trimestre et celle des organismes divers d'administrations centrales (ODAC) de 46,9 milliards. La contribution des administrations publiques locales à la dette de Maastricht diminue de 3,9 milliards, soit un rythme comparable à celui observé les années précédentes au cours du premier trimestre, précise l'Insee. La dette des administrations de sécurité sociale a quant à elle diminué de 1,1 milliard. Outre la dette de l'Etat (1.080,7 milliards d'euros à fin mars), la dette publique au sens du traité de Maastricht prend en compte celle des administrations de sécurité sociale (34,0 milliards), des administrations publiques locales (142,8 milliards) et des ODAC (156,0 milliards).

Dans son communiqué, l'Insee souligne que le profil de la dette trimestrielle demeure révisable pendant plusieurs trimestres et que sa seule observation ne permet pas de présager celle du déficit public. Lors de la présentation la semaine dernière aux députés du document préparatoire au débat d'orientation budgétaire qui débute mardi, Eric Woerth avait prévenu que la France ne renouerait pas avec les critères européens de déficit et de dette publics en 2012 comme le gouvernement s'y était jusqu'alors engagé.




le 01/07/2009 - 13h42
Cette dette publique supplémentaire de 86 milliards d'euro (sur un seul trimestre) va, à elle seule, induire une augmentation de la charge de la dette de # 3 milliards d'euro par an.
Cet article montre, une fois de plus, l'aberration du système laissant les banques privées émettre la monnaie qui permettra ensuite de prêter à l'État et aux diverses APL, alors que si cette monnaie était émise par la Banque Centrale, l'intégralité des intérêts retourneraient à la collectivité! Ce sera en fin d'année une charge de dette qui dépassera probablement les 60 milliards, sous réserve que les taux d'intérêts n'augmentent pas... ces 60 milliards qui pourraient être utilement répartis plutôt que de bénéficier pour 40% aux plus riches français et pour 60% aux plus riches étrangers, participant aux déficits de la balance des paiements.