A
fin 2008, la dette publique était de 1327
milliards d'euros,
elle est aujourd'hui de plus de 1400 milliards d'euros!
Entre 1973 et 2008, au titre des seuls intérêts sur la
dette
publique, c'est 1320 milliards d'euros que nous avons
payé !
Cela revient à dire que si nous n'avions pas dû payer ces
intérêts
notre pays n'aurait quasiment pas de dette aujourd'hui!
En ce moment, c'est 1 milliard d'euros par semaine que nous payons au
titre de "la charge de la dette"
En effet, depuis 1973, l'Etat s'est volontairement dépossédé
de son devoir fondamental d'émettre la monnaie utile aux citoyens,
argent dont notre économie a besoin, et l'Etat emprunte aux banques
privées, auxquelles il verse ensuite d'énormes intérêts. A l'heure
du " pouvoir d'achat chancelant " et des " caisses vides ", il n'est
plus acceptable que notre argent, issu de notre travail, ne nous
appartienne pas. Nous subissons chaque jour les conséquences de cette
trahison : dégradation de l'emploi et des services publics, course
sans fin à la croissance, destruction de l'environnement, etc..
Nous vous proposons donc d'agir par une
mobilisation citoyenne, par voie postale et pétition électronique,
pour restaurer le droit légitime des Nations
à émettre leur propre monnaie.
Nous le savons par
expérience : isolée, cette action restera ignorée ou évacuée
poliment. Il est essentiel qu'une lettre arrive en nombre,
régulièrement et
de toute part sur le bureau des élus et personnalités - notamment de
la presse - pour qu'elle ne soit pas traitée à la légère.
Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux, d'individus,
d'associations, de groupes ou d'organismes citoyens. C'est le seul
moyen pour que cette question, si importante pour l'avenir des Peuples,
soit enfin connue d'eux et qu'ils puissent la traiter.
Nous avons conscience que l'expression « création
monétaire » ne signifie rien à la plupart d'entre nous, car notre
mental est habitué à considérer l'argent comme une richesse matérielle
existante à se répartir. Comme le but de ce site n'est pas d'informer
sur la création monétaire (nous vous suggèrons, si le sujet vous
intéresse, le site http://monnaie.wikispaces.com) mais d'interpeller
sur l'importance à restaurer les Nations dans leur droit régalien à
émettre la monnaie dont elles ont besoin pour leur développement, nous
nous limiterons à quelques lignes d'explications pour que vous
appréciiez bien l'enjeu:
Valeur réelle - Valeur Symbolique
Pour faciliter les échanges et sortir des contraintes du
troc les êtres humains ont inventé la monnaie qui est une
représentation SYMBOLIQUE de la valeur RÉELLE et dont l'une des
fonctions est d'être une échelle de valeur.
Il y a donc d'une part la chose (la valeur réelle et c'est
la seule qui compte vraiment car c'est elle qui permet de vivre) et d'
autre part le prix de la chose (la valeur symbolique qui n'a d'intérêt
que lorsque l'on veut échanger les choses). La monnaie permet de fixer
sur une échelle le niveau où l'échange va pouvoir se faire.
Mais vous le savez, ce n'est pas parce que l'on est d'accord
sur le prix que cela met pour autant la somme correspondante dans notre
poche ou sur notre compte. Pour concrétiser l'échange il faut la
quantité de monnaie qui en constituera la preuve, la marque,
l'authentification ; c'est là une autre fonction essentielle de la
monnaie.
Comment est créée la monnaie:
Depuis 1971 l'argent moderne est totalement
dématérialisé, de sorte qu'il n'existe plus à moins de le
« créer ». Mais à part la monnaie fiduciaire (pièces et
billets) qui ne représente qu'une petite partie de la masse monétaire,
90% de cette masse n'existe que sous forme « d'écritures
comptables », la monnaie scripturale.
D'où vient cette monnaie scripturale ?
Il faut au départ une demande : des personnes individuelles
et des entreprises, et parfois même des structures spéculatives.
Il faut ensuite une offre pour répondre à cette demande :
aujourd'hui, c'est le système bancaire privé qui reçoit les demandes et
la monnaie est créée par le banquier lorsqu’il accepte le crédit et
qu'il inscrit sur le compte du demandeur la somme correspondante.
Que devient cet argent ? Il circule dans la société au gré
des échanges économiques, ou bien il est épargné par certains, en
partie, pendant un certain temps. Mais il finit toujours par
disparaître, au fur et à mesure des remboursements des prêts.
Pour visualiser cela, imaginez un bassin dont le niveau de
l'eau contenue (la masse monétaire circulant dans la société) dépend du
rapport entre le débit de l'alimentation coulant par le robinet
(l'ensemble des crédits consentis) et celui s'écoulant par la bonde
(l'ensemble des crédits remboursés).
Le privilège de la création monétaire : une question
fondamentale de légitimité
Ainsi donc ce sont les gens qui créent la valeur réelle par
leur activité, et ce sont les banques qui créent la valeur symbolique
par production de signes, avec la particularité que sans ces signes -
sans la monnaie - on ne peut pas avoir accès à la richesse réelle, même
si elle existe: un milliard de personnes meurent de faim, non par
manque de nourriture, d'autres meurent de maladie non par manque de
médicaments, etc... mais par manque de l'argent qui y donnerait accès.
L'humanité est réduite à demander l'autorisation de
produire et consommer, comme un enfant demande à ses parents
l'autorisation de sortir, car c'est la banque qui, selon qu'elle
accorde le crédit ou pas, décide en fin de compte de ce qui a le droit
de se faire ou non dans le monde.
Alors selon vous, puisque le peuple est créateur de la vraie
valeur, n'est-il pas légitimement en droit de gouverner les signes qui
la représentent ? N'est-ce donc pas à un organisme public, représentant
les intérêts de la communauté entière, de détenir ce privilège ?
Voyez bien la différence :
Si c'est le secteur privé qui crée la monnaie: elle est créée
de manière sélective, sur des critères de rentabilité et de solvabilité
au service prioritaire des actionnaires du système, sans se soucier du
bien commun. Dans ce système, on ne prête qu’aux riches et la
population manque de signes monétaires comme un organisme manque de
sang.
Mais surtout, l'intérêt bancaire perçu au prétexte de la
création monétaire (rémunération principale de l'émetteur, aussi
appelée seigneuriage), est, ne l'oublions pas :
- Cause première de l'inflation, par ailleurs dénoncée comme
fléau n°1
- Cause première de la course à la croissance si dommageable
à l'environnement
- Cause première de l'appauvrissement des nations par la
dette publique
- Cause première du transfert permanent de la monnaie des
plus pauvres vers les plus riches
Si c'est le secteur public qui crée la monnaie: elle peut
être émise sur des critères d'intérêt collectif, sans nécessité absolue
d'être assorti ni d'une échéance, ni d'un intérêt, mais même dans ce
cas, cet intérêt reviendrait à la collectivité et participerait au bien
commun.
La
plus grande privatisation jamais opérée : Le privilège de création
monétaire
Eh bien le croirez-vous, l'article 104 du Traité de
Maastricht, transposé en France dans la loi du 4 août 1993, interdit
aux Banques centrales (la Banque de France, institution dont le capital
appartient à l'Etat, en ce qui nous concerne) d'autoriser des
découverts, d'accorder tout type de crédit au Trésor public et à tout
autre organisme ou entreprise publique. Les
Européens ont abandonné le droit "régalien" de création monétaire, au
profit des seules banques commerciales.
Mais déjà, depuis la réforme des statuts de la Banque de
France ayant fait l'objet de la loi du 3 janvier 1973, les
avances au Trésor avaient été supprimées. Et tout cela sans
débat public au point que la plupart d'entre nous croient encore que
l'argent est gagé sur l'or et émis par l'Etat ! C'est dire comme le
citoyen est informé...
Comme le rappelle Maurice Allais - Prix Nobel d'économie -
« pendant des siècles, l'Ancien Régime avait préservé
jalousement le droit de l'Etat de battre monnaie et le privilège
exclusif d'en garder le bénéfice; la république démocratique a
abandonné pour une grande part ce droit et ce privilège à des intérêts
privés. Ce n'est pas le moindre paradoxe de notre époque ».
Comprenons-nous bien. Nous ne sommes pas en train de
lutter contre les banques, qui ont tout à fait leur place et leur
utilité dans la société, nous interpellons l'opinion sur un pouvoir exclusif
qui leur est confié et qui, pour être légal, n'en est pas moins, à nos
yeux, illégitime par essence et cause des principaux maux dont souffre
l'humanité.
Le retour à la planche à billet ?
Dès qu'est émise l'idée de confier à un organisme public le
privilège de la création monétaire, les bras se lèvent et l'on ne
manque pas d'agiter l'épouvantail de l'hyper inflation et des crises
liées à l'usage excessif que les gouvernements ne manquent pas de faire
dès qu'ils ont les coudées franches. L'histoire est là pour en
témoigner. Il n'est pas niable que dans le passé des abus aux
conséquences douloureuses ont été commis; mais:
- Le fait que, par le passé, certains responsables
politiques aient abusé du pouvoir de création monétaire ne justifie
évidemment pas que l’on prive la collectivité de ce pouvoir vital pour
nous tous. La seule question importante (que les responsable refusent
curieusement de porter au débat public) est : Qui a la légitimité
pour créer la monnaie : les acteurs privés ou les acteurs publics ?
La question suivante (mais secondaire) est : Comment interdire les
abus aux différents acteurs ?
- Il n'est pas question de « revenir à la
planche à billets »: il est question de reprendre tout ou partie
de cette « planche » au système bancaire privé pour pouvoir
l'utiliser de la même façon, sans créer davantage de monnaie, mais
cette fois dans l'intérêt général plutôt que pour des intérêts
particuliers. Peut-on globalement se féliciter du monde que l'usage de
l'émission monétaire par le privé a permis de construire ? Êtes-vous
prêt(e) à miser l'avenir dessus ?
- Il n'y a risque d'inflation que lorsque l'on émet trop de
monnaie à production égale. Tel ne serait pas le cas puisque chaque
injection correspondrait à une création de richesse réelle, à usage
collecti
- Pour éviter tout risque de dérapage, nous proposons qu'au
moins la monnaie à usage de la création de richesse collective et
d'amélioraton du bien commun (équipements de la Nation et réponses
aux défits écologiques) soit émise par un organisme public, mais
indépendant des gouvernements en place, missionné et devant rendre des
comptes aux Peuples au travers des parlements nationaux et du parlement
européen
Imaginez ce qui deviendrait possible si
le pouvoir de création monétaire était restitué au public
Nous pourrions financer, sans augmenter la fiscalité, et
sans emprunter, tout ce qui serait possible de réaliser pour répondre
aux urgences écologiques et humanitaires de notre temps
Car si une collectivité a : 1) un besoin, 2) la volonté de
le satisfaire, 3) les moyens techniques et énergétiques, 4) une main
d’œuvre disponible, 5) le savoir-faire, … pourquoi ne peut-elle
réaliser ce besoin par faute de financement ? Parce que la monnaie
reste conçue comme une réalité matérielle et précieuse, de quantité
finie donc rare et épuisable, alors qu’elle ne l’est plus puisqu’elle
est dématérialisée
Au lieu de penser le monde au travers des moyens
financiers que l'on estime possible de mobiliser, on pourrait enfin le
penser en fonction des seules vraies questions qui se posent à nous
aujourd'hui et nous focaliser sur les solutions dont les limites
seraient uniquement fixées par:
- Les ressources humaines d'une part
- en qualité: par manque de formation, mais cette
adaptation là pourrait n'être qu'une affaire de quelques années dès
lors que l'on sait ce que l'on veut et que les candidats savent que
cela va déboucher
- en quantité surtout: car on peut imaginer qu'alors le
plein emploi serait vite retrouvé
- Les ressources naturelles d'autre part, car
dans ce grand chantier d'adaptation et de mutation, il faudrait, bien
sûr, veiller à ce que ce qui est entrepris par les uns et les autres,
soit compatible avec les équilibres écologiques, sinon, tout cela
n'aurait aucun sens. Alors...
Voulez-vous
nous soutenir dans la demande collective suivante ?
Nous demandons
instamment aux pouvoirs politiques d'accéder aux demandes suivantes.
Au niveau de la zone euro:
1 - Pour tout ce qui concerne le
financement des projets collectifs de l'eurozone - et en particulier
pour financer la mutation qu'exige le défi écologique ainsi que le
virage technologique pour pallier à l'épuisement de certaines
ressources naturelles; pour financer la recherche, un enseignement
ainsi qu'un système de santé de qualité gratuits et, en général, pour
tout ce qui sera considéré démocratiquement comme nécessaire pour
l'amélioration collective de la qualité de la vie de façon durable - la
Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contrainte à une
émission monétaire centrale, éventuellement sans échéance et sans
intérêt, par décision des députés des pays de la zone euro du parlement
européen sur demande soit de la commission, soit du conseil européen
(c'est-à-dire les chefs d'Etat), soit des députés européens des pays de
la zone euro.
2 - Les critères de Maastricht doivent
être revus et permettre de soumettre au débat démocratique par exemple
les propositions:
a) les budgets des États doivent être
équilibrés en "fonctionnement" + "amortissements" par la fiscalité. Nul
État de la zone euro ne dvrait déroger à cette règle.
b) les États peuvent faire financer
leurs équipements (budget d'investissements) par un appel à création
monétaire sans intérêt de la BCE. Néanmoins, les députés de la zone
euro du Parlement Européen devraient disposer, à la majorité simple,
d'un droit de veto concernant une demande d'un État s'ils estiment que
le projet n'est pas fondé ou qu'il contredit les orientations générales
de la politique européenne.
c) les besoins d'investissements
collectifs de l'eurozone doivent également pouvoir être financés par
création monétaire sans intérêt de la BCE
Les statuts et la mission de la Banque
Centrale Européenne doivent être revus en conséquence
Au niveau national :
A défaut de faire aboutir ce projet au
niveau européen, d'opérer une reprise du droit collectif (national)
d'émettre la monnaie, éventuellement par émission d'une monnaie
complémentaire à l'euro , quitte à risquer une sortie de l'UE,
non par anti européanisme mais pour se donner la possibilité de devenir
le modèle qu'inspirera les autres Nations.
|
Pour soutenir cette
proposition, nous vous proposons deux actions complémentaires:
1 - Votre soutien électronique sur le site
"public-debt.org " à la demande collective précédente. Lorsque la liste
sera suffisante, nous ferons parvenir celle ci à qui de droit, sous
forme de pétition.
2 - L'envoi d'une lettre personnelle à votre député,
sénateur, président du conseil général et régional, ou à ceux que vous
connaissez, ainsi qu'aux grands partis et à la presse (téléchargement
du modèle de lettre qu'il vous suffira de personnaliser, et nom et
adresse de votre député et sénateur )
Nous le savons par expérience : isolée, cette lettre restera
ignorée ou évacuée poliment. Il est essentiel qu'elle arrive en nombre,
régulièrement et de toute part sur le bureau des élus et personnalités
- notamment de la presse - pour qu'elle ne soit pas traitée à la
légère. Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux,
d'individus, d'associations, de groupes ou d'organismes citoyens. C'est
le seul moyen pour que cette question, si importante pour l'avenir des
Peuples, soit enfin connue d'eux et et qu'ils puissent la traiter.
Que
serait la dette publique devenue si nous n'avions pas abandonné notre
droit de seigneuriage, le droit de création monétaire, au profit des
banques?
Mais,
bon sang, est-il "normal" que nos dirigeants aient bradé le droit
régalien de création monétaire de notre Peuple, pour transférer
celui-ci à des banques privées et devoir ainsi emprunter la monnaie
dont nous avons besoin pour assurer notre développement ?
Il
y a 50 millions d’adultes en France
Chaque
adulte paye en moyenne 900 euros par an d’intérêts de la dette publique
Et
vous, combien touchez-vous de vos obligations d’État ?
Autoriser
la Banque de France ou la Banque Centrale Européenne à financer nos
besoins d’investissement
équivaut
à économiser 120 millions d’euros par jour d’intérêts, 1 milliard par semaine!!.
Rendez-vous sur les
pages "L'arnaque de la dette publique...", "La dette publique", "La vérité sur la dette", La dette publique, "Non Monsieur Fillon
Nous ne sommes pas en
faillite... voici le solde NET du patrimoine des administrations
publiques
Néanmoins, voici ce
que furent et ce qu'auraient été chaque année les soldes des budgets si
nous n'avions pas eu d'intérêts à payer
... et l'évolution de
la dette, avec et sans intérêts!

Les dépenses de fonctionnement de l'État incluent principalement les
charges salariales et l'achat de biens et services pour la consommation
intermédiaire.
Les dépenses d'investissement comprennent la Formation brute de
capital fixe (Écoles, hôpitaux, infrastructures de transport et de
communication, l'acquisition de terrains, etc.) et représentent 3,3% du
PIB en 2005 soit 56 G€ (milliards d'euros) et 60,1 en 2006 http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=162
Comme le budget de l'État est de # 330 G€, le taux de FBCF est de 17%
du budget, et incidemment plus que le "déficit" qui est en 2005 de 46,9
G€.
Si l'État tenait une comptabilité d'entreprise, en face de ce "déficit
d'exploitation" de 46,9 G€ il y aurait bien une création de capital (de
valeur) de 56 G€, et cette "entreprise" (l'État) paraitrait tout à fait
saine, étant capable d'investir 17% de son budget pour développer son
attractivité.
On peut souligner que ces équipements vont servir aux générations
futures et il n'est donc pas anormal qu'elles participent également au
remboursement de cette dette
( modulo le payement de l'intérêt que
nous considérons comme inique).
Lettre ouverte
Aux membres de notre gouvernement
à nos élus et à toutes celles et ceux qui font de la réduction de la
dette publique une priorité
La dette en France, représente à ce jour, environ 1400 milliards
d’euros et la charge annuelle du seul paiement des intérêts représente
presque le produit de l’impôt sur le revenu. Ces chiffres, à première
vue, ont de quoi inquiéter le citoyen qui, naturellement, considère la
situation de la Nation comme s'il s'agissait de la sienne. Il se dit à
juste titre que ce n’est plus supportable et que les membres du
gouvernement, soutenus par une majorité d’élus, on bien raison de faire
une priorité nationale de la maîtrise des dépenses de l’Etat et de la
réduction du déficit public. Cette volonté s’est traduite, par exemple,
par l’affectation intégrale au désendettement des 10 milliards de
plus-values de recettes de 2004, et des 10 milliards provenant de la
cession des sociétés d’autoroutes.
Cela semble plein de bon sens ; pourtant la question juste et
prioritaire ne devrait-elle pas être celle de se demander comment
sortir de cette situation inique, absurde, pour ne pas dire
scandaleuse, qui fait que l’Etat doive s’endetter auprès des banques et
payer un intérêt pour avoir accès à son propre argent?
Quel que soit le gouvernement en place, il semble qu’il n'ait à sa
disposition que deux leviers de commande: maîtriser les dépenses d’un
côté, soutenir la croissance de l’autre. Et tout le monde, majorité et
opposition, de s'accorder comme un seul homme sur cette «évidence»! Les
divergences napparaîssent que dans l’application selon les sensibilités
en place. Seulement voilà, ça ne marche pas, car il est une autre
évidence qui, celle là, semble échapper à la plupart : REDUIRE LES
DEPENSES DE L’ETAT APPAUVRIT LA NATION, car ses dépenses se traduisent
par du travail qui enrichit la nation, QUANT A LA CROISSANCE, SI ELLE
EST UNE SOLUTION ECONOMIQUE, ELLE EST UNE ABERRATION ECOLOGIQUE. Il
serait donc temps de cesser de jouer à l'autruche si nous voulons
éviter la catastrophe économique ou la catastrophe écologique, que le
recul que nous avons maintenant et les indicateurs nous annoncent de
plus en plus précisément, sans avoir besoin d'être grands devins.
Je ne m’étendrai pas plus sur les effets pervers de la croissance qui
commencent à être largement perçus, quoique trop souvent ignorés, mais
sur la question de la dette publique qui, elle, est beaucoup plus
confuse dans les esprits.
Le point essentiel sur lequel je voudrais insister, repose sur le fait
qu’en économie il n’est fait aucune distinction entre intérêt
particulier et intérêt collectif. C’est ce qui conduit la quasi
globalité de la classe politique, toutes tendances confondues, à croire
que c’est faire preuve de civisme et de responsabilité que de chercher
à gérer le pays «en bon père de famille».
Chaque fois qu’un homme politique explique à la Nation qu’un Etat n’a
pas le droit de vivre au dessus de ses moyens, qu'il doit se gérer
comme le budget familial, j'ai des frissons d'indigantion et je frémis
de voir combien le dogme économique peut être puissant au point
d'engluer les esprits les plus brillants.
Pour comprendre les choses il convient de préciser quelques points qui
échappent à la plupart :
Si j'emprunte 1000 euros à mon voisin, j'ai une dette envers lui, car
il m'a cédé pour un temps une partie de sa richessse. Il est normal
aussi que je lui verse un intérêt pour compenser la recette potentielle
dont il s'est privé en amputant ses ressources.
Il fut un temps où l'argent existait sous forme de pièces en métaux
précieux. C'est ce que l'on appelle l'argent «permanent». Il arrivait
que les princes et les rois, aient recours à l'emprunt auprès de
personnes privées fortunées pour financer leurs ambitions. Si l'Etat
emprunte à des particuliers une part de leur richesse existante, il est
en dette pour la même raison et doit répondre aux mêmes obligations.
Mais au fil de l'histoire, l'argent s'est dématérialisé, au point
qu'aujourd'hui il « n'existe plus ». Depuis 1971, il n’est plus relié à
aucune matière précieuse. Ainsi sommes-nous passés d’une « monnaie
permanente » représentée autrefois par les pièces d’or et d’argent,
plus récemment par des billets garantis par de l’or, à une « monnaie de
banque », dématérialisée et temporaire. Pourquoi temporaire ? Parce
qu'elle n'existe qu'entre le moment où elle est prêtée et le moment où
elle est remboursée.
Mais il est une autre particularité de l'argent moderne: l'argent prêté
par les banques n'est pas celui que d'autres personnes ont en trop et
laissent en dépôt, mais de l'argent qui « n'existe pas » et que la
banque « crée » sur la seule confiance qu'elle accorde à l'emprunteur
quant à sa capacité à la rembourser. C'est ce que l'on appelle « la
création monétaire « ex nihilo » (création à partir de rien). C'est la
seule évolution des pratiques bancaires, sous la pression des
évènements de l'hitoire, qui a conduit à cette situation pour le moins
choquante, que les banques ont accaparé, d'une part, un privilège
d'État, et d'autres part, se sont rendues propriétaires d'un argent qui
n'existe pas, et qu'elles n'hésitent pas à prêter avec intérêt !
Je ne m'insurge pas contre le principe de la création monétaire, car
elle représente un mécanisme qui garantit potentiellement que l'argent
ne puisse pas manquer, ce qui est une bonne nouvelle; je m'insurge
contre le fait que ce privilège soit abandonné à des intérêts privés !
Qu'un Etat soit en dette à l'égard d'une personne privée quand celle-ci
prête une partie de sa richesse existante, soit, mais qu'il soit en
dette à l'égard de cette même personne pour une richesse qu'elle sort
de son chapeau, non! Voilà ce qui est insupportable: accepter sans rien
dire qu'une Nation soit obligée de payer une entreprise privée pour
avoir accès à son propre argent! Trouveriez vous normal que l'on vous
fasse payer les légumes que vous faites pousser dans votre potager ? Et
bien c'est cela la dette de l'Etat.
Tous les jours aux nouvelles, et à chaque échéance électorale, les
mêmes problèmes … L’emploi, la sécurité sociale, les retraites,
l’environnement etc… Ces problèmes occupent à temps plein la classe
politique, les pouvoirs publics et pas mal d’associations. Pourtant ce
sont de FAUX PROBLÈMES : entendons-nous, ils sont bien réels dans la
mesure où ils sont sources de souffrances pour bien des gens, mais FAUX
en ce sens qu’ils ne sont que les SYMPTÔMES d’un problème plus profond :
- Problème de l’emploi? Comment pourrait il y avoir un
problème dans un monde qui totalise plus de 200 millions de chômeurs et
où tant de besoins essentiels restent à satisfaire? il y a plus à faire
que de bras et de cerveaux disponibles! Non, il n’y a pas de problème
de l’emploi mais de FINANCEMENT de l’emploi!
- Problème de santé publique? Comment pourrait-il y avoir
un problème dans un monde où les connaissances, les pratiques et les
techniques se sont considérablement développées et continuent de le
faire chaque jour; dans un monde qui offre, en plus de la médecine
traditionnelle, un vaste choix de thérapies nouvelles… Non, il n’y a
pas de problème de santé publique, mais de FINANCEMENT des systèmes de
santé.
- Problème d’environnement? Comment pourrait-il y avoir un
problème dès lors que l’on sait ce qu’il faut faire pour préserver les
équilibres vitaux… Non, il n’y a pas de problème de l’environnement,
mais de FINANCEMENT des solutions applicables.
- Et ainsi de suite pour tous les problèmes que l’on peut
évoquer. Notre monde en est arrivé au paradoxe suivant : LA MOITIE DE
L’HUMANITÉ MEURT DE SOIF A COTE D’UN PUITS REMPLI D’EAU PARCE QU’ELLE
N’A PAS L’ARGENT QUI LUI PERMETTRAIT D’Y AVOIR ACCÈS.
A l'heure où l’Europe se construit, n'est-il pas essentiel qu’elle
trouve une voie nouvelle? N'est-il pas essentiel qu’elle refuse de
s’enfermer dans l’impasse où conduit le modèle du libéralisme
américain? N'est-il pas essentiel que les hommes au pouvoir fassent
preuve d’imagination en trouvant autre chose que la potion, qui n’est
plus magique du tout, des « deux leviers »? N'est-il pas essentiel que
la Vie et le bien être de tous les peuples l’emportent sur l’orthodoxie
d’un système qui, pour être dominant, démontre chaque jour un peu plus
son inadéquation à répondre aux défis humains et écologiques? La chose
n'est pourtant pas si difficile à comprendre! TANT QUE LA CRÉATION
MONÉTAIRE SERA ABANDONNÉE AUX BANQUES COMMERCIALES PAR LE BIAIS DE
L’EMPRUNT A INTÉRÊT, IL N’Y AURA JAMAIS ASSEZ D’ARGENT POUR FINANCER
LES SOLUTIONS AUX PROBLÈMES DE NOTRE TEMPS.
Car si l'on veut vraiment s'y atteler, les sommes en jeu sont
CONSIDÉRABLES! Or on le sait, le poids de « la dette » est tel, qu'il
interdit tout nouvel emprunt! Sauf si... les règles du jeu étaient
définies par les peuples eux-mêmes, par le moyen du jeu démocratique,
pour servir l’intérêt commun; sauf si...les Etats étaient restaurés
dans leur pouvoir régalien d’émettre la monnaie! Alors il n'y aurait
plus de dette, ou si dette il y avait, elle ne serait qu'envers
eux-mêmes; l'intérêt ne se justifierait plus, ni la nécessité de
rembourser la dette.
Seulement voilà! Pour le moment, l'élite dirigeante mondiale considère
comme normal que les citoyens d’un pays paient par leurs impôts (donc
prélèvent sur leur richesse) les intérêts demandés par les banques
privées, pour permettre à l’État d’avoir accès à son propre argent. Ce
qui me sidère, c’est que nos élus, théoriquement en charge du respect
de l’intérêt commun, ne bronchent pas, et ne cherchent aucunement à y
porter remède. Bien au contraire, les voilà qui se félicitent, en bons
élèves du système, d'avoir réduit la dette de 20 milliards... 20
milliards qui retournent à néant. Quelle belle victoire! Plus que 1380
milliards à trouver (20000 euros par français) et on sort du tunnel!
Quel acte politique de grande envergure, autrement plus glorieux que de
mieux rémunérer les infirmières par exemples, ou de créer des emplois
d'intérêt collectifs où de nombreuses personnes, aujourd'hui privée
d'emploi... mais surtout de dignité, de sens d'utilité, retrouveraient
une place dans la société et dans leur vie...
Mais que voulez-vous qu'ils fassent me direz vous ? Cette question ne
nous appartient plus, car nous sommes passés à l’Euro.
La belle affaire! N'est-ce pas justement une fabuleuse opportunité à
saisir pour l'Europe ? N'est-ce pas un sujet mobilisateur et inspirant
pour les peuples qui la composent et un réel espoir pour le monde
entier ? Alors oui, que cette question soit au cœur des débats ! Car ce
que nous vivons pour le moment est une mascarade qui laisse supposer
aux peuples qu’ils sont maîtres de leur destin par le jeu démocratique,
alors que les politiques qu'ils élisent et qui les représentent n’ont
aucun pouvoir. Pourquoi? Parce que la pensée politique est complètement
encadrée, enfermée dans la logique bancaire qui tient les cordons de la
bourse. Nos dirigeants politiques sont tenus en laisse! Sans doute
trouvent-ils plus d'intérêt à être le chien plutôt que le loup de la
fable...
Mais en attendant, cela restreint considérablement leurs possibilités
et les condamne à ne prendre que des mesurettes dont le seul effet est
de déplacer les problèmes, pour ne pas nuire aux intérêts particuliers
immédiats. Demandez-vous après cela d’où vient la désaffection des
citoyens à l’égard de leurs élus ? Demandez-vous pourquoi la France,
entre autre, a refusé la Constitution d'une Europe qui n'aurait aucun
pouvoir sur sa Banque Centrale?
Quelle que soit l'ampleur du sujet, le bon sens devrait conduire à
remettre en question tout système, tout principe, dès lors que ses
conséquences sont nuisibles, suicidaires, parfois criminelles. Au lieu
de cela, nos présidents jouent les commis voyageurs quand ils se
déplacent à l’étranger dans l'espoir de vendre quelques avions ou
quelques trains; au lieu de cela, nos élus se bornent à n’être que de
«bons comptables»! Je ne doute pas de leur bonne foi et de leur
dévouement; je ne doute pas non plus qu'ils aient une vision plus
élevée de leur mission, mais voilà à quoi ils réduisent eux-mêmes leur
fonction en acceptant que l'économique et le financier dirigent le
politique, en refusant de restaurer la Nation dans ce qui lui revient
de droit.
Et ne croyez pas que cette proposition de ré appropriation du pouvoir
de la création monétaire par l’État soit une lubie personnelle. Ce
débat existe depuis longtemps, de façon trop souterraine certes, mais
de façon affirmée toutefois, ne serait-ce que par des gens comme
Maurice Allais ou Irwin Fisher, tous deux prix Nobel d’économie. Alors
vous qui vous inquiétiez de la dette, je vous en prie, ne vous demandez
plus comment rembourser les intérêts injustes d’une dette
irremboursable à moins de mettre le pays à genoux, et devenez le porte
parole de cette idée de la ré appropriation du pouvoir de création
monétaire par les Nations. En oeuvrant ainsi, vous contribuerez à
redonner aux peuples le pouvoir sur leur destin, vous deviendrez un
citoyen du monde porteur de tous les espoirs pour une amélioration
générale de la qualité de la Vie, vous nourrirez la conscience
collective qui très prochainement, je l'espère, fera germer une classe
politique plus réaliste et consciente des vrais défis.
Philippe Derudder
Animateur de l'association AISES
(Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales)
phd à aises-fr.org
Auteur de :
« La renaissance du plein emploi ou la forêt derrière l'arbre » - Ed.
Guy Trédaniel
« Les aventuriers de l'Abondance » - Prix spécial Ch. Vidal 2000 pour
une alternative de vie, aux éd. Yves Michel
« Rendre la création monétaire à la société civile » - aux éd. Yves
Michel
La
dette publique enfle d'1 milliard d'euros par jour
.
Selon les statistiques de l'Insee,
publiées mardi, la dette publique a explosé au premier trimestre.
Chaque jour, la dette a augmenté de près d'un milliard..
Une augmentation qui s'explique en partie par le plan de financement
des banques.
Alors que le débat sur l'emprunt d'Etat se poursuit à l'Elysée avec les
partenaires sociaux, les statistiques de l'Insee publiées mardi
montrent une explosion de l'endettement des administrations au premier
trimestre. Une dette qui a augmenté de 86,5 milliards d'euros pour les
trois premier mois de l'année, soit près d'un milliard d'euros par jour.
Au sens de Maastricht, c'est-à-dire en prenant en compte la dette des
administrations de sécurité sociale, des administrations publiques
locales et des organismes divers d'administrations centrales, la dette
publique de la France a atteint 1.413,6 milliards d'euros à la
fin mars. La dette publique
brute de la France représente ainsi 72,9% du PIB, selon des données
publiées par l'Insee. Ce pourcentage représente une hausse de 4,8
points par rapport à la fin 2008 quand la dette s'élevait à 1.327,1
milliards.
"L'augmentation de la dette publique au
premier trimestre reflète principalement l'effet de la relance
budgétaire et la faiblesse des recettes fiscales et sociales due à la
crise", ont déclaré la ministre de l'Economie Christine
Lagarde et le ministre du Budget Eric Woerth
dans un communiqué commun. "La
hausse de l'endettement au premier trimestre reflète l'octroi de prêts
par la Société de financement de l'économie française (SFEF) aux
banques afin d'assurer le bon fonctionnement de l'économie",
poursuit le communiqué.
Le financement des
banques
L'endettement de la Sfef a augmenté de 33,7 milliards d'euros sur les
trois premiers mois de l'année, selon les données de l'Insee. "L'augmentation
de la dette nette (de la trésorerie, des crédits et titres de créances
détenus par les administrations publiques) est beaucoup plus contenue
au premier trimestre (+32,7 milliards d'euros) que la hausse de la
dette brute", soulignent les ministres dans leur communiqué. Une
moindre hausse qui s'explique par la progression de 20,1 milliards des
trésoreries des administrations publiques sur la période et par les
prêts supplémentaires de 33,7 milliards d'euros consentis par la Sfef
au secteur financier, soit un montant qui compense l'augmentation de
son endettement.
La dette brute de l'Etat a augmenté de 44,5 milliards d'euros au
premier trimestre et celle des organismes divers d'administrations
centrales (ODAC) de 46,9 milliards. La contribution des administrations
publiques locales à la dette de Maastricht diminue de 3,9 milliards,
soit un rythme comparable à celui observé les années précédentes au
cours du premier trimestre, précise l'Insee. La dette des
administrations de sécurité sociale a quant à elle diminué de 1,1
milliard. Outre la dette de l'Etat (1.080,7 milliards d'euros à fin
mars), la dette publique
au sens du traité de Maastricht prend en compte celle des
administrations de sécurité sociale (34,0 milliards), des
administrations publiques locales (142,8 milliards) et des ODAC (156,0
milliards).
Dans son communiqué, l'Insee souligne que le profil de la dette
trimestrielle demeure révisable pendant plusieurs trimestres et que sa
seule observation ne permet pas de présager celle du déficit public.
Lors de la présentation la semaine dernière aux députés du document
préparatoire au débat d'orientation budgétaire qui débute mardi, Eric
Woerth
avait prévenu que la France ne renouerait pas avec les critères
européens de déficit et de dette publics en 2012 comme le gouvernement
s'y était jusqu'alors engagé.
le 01/07/2009 - 13h42
Cette
dette publique supplémentaire de 86 milliards d'euro (sur un seul
trimestre) va, à elle seule, induire une augmentation de la charge de
la dette de # 3 milliards d'euro par an.
Cet article montre, une fois de plus, l'aberration du système
laissant les banques privées émettre la monnaie qui permettra ensuite
de prêter à l'État et aux diverses APL, alors que si cette monnaie
était émise par la Banque Centrale, l'intégralité des intérêts
retourneraient à la collectivité! Ce sera en fin d'année une charge de
dette qui dépassera probablement les 60 milliards, sous réserve que les
taux d'intérêts n'augmentent pas... ces 60 milliards qui pourraient
être utilement répartis plutôt que de bénéficier pour 40% aux plus
riches français et pour 60% aux plus riches étrangers, participant aux
déficits de la balance des paiements.